LES ALPES
Espaces protégés

La plus grande et la plus ancienne des organisations globales environnementales au monde, l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN, 1994), définit une aire protégée comme :
« une portion de terre et/ou de mer vouée spécialement à la protection et au maintien de la diversité biologique, ainsi que des ressources naturelles et culturelles associées et gérées par des moyens efficaces, juridiques ou autres »

Classification UICN

Les aires sont répertoriées en 6 catégories et gérées principalement pour :

I - La protection intégrale  

  a) Réserve naturelle intégrale
« Espace terrestre et/ou marin comportant des écosystèmes, des caractéristiques géologiques ou physiologiques et/ou des espèces remarquables ou représentatives, géré principalement à des fins de recherche scientifique et/ou de surveillance continue de l’environnement »    

  b) Zone de nature sauvage
« Vaste espace terrestre et/ou marin, intact ou peu modifié, ayant conservé son caractère et son influence naturels, dépourvu d’établissements permanents ou importants, protégé et géré aux fins de préserver son état naturel »

II - La conservation de l’écosystème et protection (Parc national)
« Zone naturelle et/ou marine, désignée (a) pour protéger l’intégrité écologique dans un ou plusieurs écosystèmes dans l’intérêt des générations actuelles et futures, (b) pour exclure toute exploitation ou occupation incompatible avec les objectifs de la désignation et (c) pour offrir des possibilités de visite, à des fins spirituelles, scientifiques, éducatives, récréatives et touristiques, dans le respect du milieu naturel et de la culture des communautés locales »

III - La conservation d’éléments naturels (Monument naturel / Elément naturel marquant)
« Aire contenant un ou plusieurs éléments naturels ou naturels/culturels particuliers, d’importance exceptionnelle ou unique, méritant d’être protégée du fait de sa rareté, de sa représentativité, de ses qualités esthétiques ou de son importance culturelle intrinsèque »

IV - La conservation par une gestion active (ex. Aire de gestion des habitats ou des espèces)

V - La conservation d’un paysage terrestre / marin et loisirs (ex. Paysage terrestre / marin protégé)

VI - L'utilisation durable des écosystèmes naturels (ex. Aire protégée de ressources naturelles gérée)

Les aires protégées sont donc essentielles pour la conservation de la biodiversité.


Les écorégions européennes (Proj : LCC etrs 89)


Histoire et structure

Un foisonnement de mesures administratives au service de la protection des Alpes

«Reconnaissant que les Alpes, en tant qu'un des plus grands espaces naturels d'un seul tenant en Europe, possèdent une beauté unique, une diversité écologique et des écosystèmes extrêmement sensibles, et qu'elles sont, en même temps, le cadre de vie et d‘activités économiques de la population locale qui a une culture d‘une grande richesse.»

Ainsi débute le préambule du « Protocole de protection de la nature et l’entretien des paysages » de la Convention alpine, organisme international composé de 9 contractants, à savoir les 8 pays alpins (Principauté de Monaco comprise) et la Communauté économique européenne.

L’idée de protection de l’espace alpin bien que de plus en plus prégnante n’est pas nouvelle. Dès la seconde moitié du XIXe siècle, l’érosion, la déforestation, les inondations incitent les pays alpins à se pencher sur la sauvegarde de leur environnement. Des lois sont promulguées en France (1860, 1864,1882), en Italie (1877), en Suisse (droit de haute surveillance sur les forêts affirmé lors de la révision de la constitution en 1876).

Mais, le géographe Werner Bätzing estime que le concept même de protection de la nature correspond davantage à une vision romantique des Alpes, très citadine et liée à la révolution industrielle. Ce mouvement prend racine à la fin du XIXe siècle et se caractérise, toujours d'après Werner Bätzing, par une contradiction fondamentale : « les Alpes sont considérées comme une nature idéale, et donc à sauvegarder, alors qu'elles sont partout l'illustration de la marque des hommes dans le paysage ».

Le parc national Suisse nait entre 1907 et 1914 à l'initiative de naturalistes et s'inspire du modèle américain de Yellowstone créé en 1872. Parallèlement, en 1914, le parc national de la Bérarde, premier parc national français fait son apparition. Ce parc faute de structure administrative et de moyens disparaitra au début des années 60. En 1922, le parc national du Grand Paradis en Italie voit le jour et instaure une réglementation stricte qui suscite parfois des tensions avec les populations locales. Sa superficie initiale de 22 km2 atteint actuellement 702 km2. En 1935, entre le Rhin et l’Adige, les premiers contours du parc du Stelvio, aujourd’hui d’une étendue de 1346 km2, prennent forme.

Toutefois, jusqu’en 1945, ces initiatives demeurent sporadiques.

C'est à partir des années 60 que la plupart des parcs alpins sont mis en place. En France, les lois de 1960, 1976 et 1967, portent sur les parcs nationaux, les espaces protégés et les parcs régionaux tandis qu'en 1966 en Suisse une loi sur la protection de la nature et du paysage est instaurée à l'instar de la loi Galasso de 1985 en Italie.  En 1961 en Slovénie le parc du Triglav, suivi en France du parc de la Vanoise (1963), du parc des Écrins (1973), du parc du Mercantour (1979), en Allemagne du parc national de Berchtesgaden (1978), voit le jour. Plus récemment, le parc des Hohe Tauern en Autriche (Carinthie en 1981, Salzbourg en 1984 et Tyrol en 1991) adopte une orientation plus souple en matière de protection. Avec les années 1990, les derniers nés des parcs nationaux, Dolomiti Bellunesi (1990), Val Grande (1992) en Italie, Kalkalpen (1997) en Autriche optent pour une politique de sauvegarde plus stricte.

Cette liste est loin d'être exhaustive, car il n'existe pas moins de 13 parcs nationaux dans les Alpes. De manière générale, les espaces protégés sont abondants dans les Alpes; ils représentent un quart de leur superficie et sont dotés de dispositifs administratifs variés. Le degré de préservation peut différer sensiblement en fonction des objectifs et du contexte culturel de chaque pays.

On dénombre principalement 4 structures de protection des Alpes :

- Les parcs nationaux,

- Les parcs naturels régionaux,

- Les réserves naturelles,

- Les réserves de biosphère,

D’autres instruments viennent compléter cette panoplie d’outils ; les réserves de paysages naturels ou les réserves forestières en Allemagne, les zones naturelles protégées ou les zones paysagères protégées en Autriche, les districts francs fédéraux en Suisse, etc.


En Allemagne

L’État fédéral édicte des lois-cadres, auxquelles les Länder sont tenus de se conformer avec leur propre législation et d'assurer leur mise en œuvre.
Le coordinateur de la politique de protection de la nature est le ministère fédéral de l’environnement, et notamment sa division « Naturschutz und nachhaltige Naturnutzung » (Protection de la nature et exploitation durable de la nature).

En outre, 6,5 millions de citoyens sont membres d'un syndicat ou d'une association environnementale (quelques milliers sont répertoriées). Le gouvernement fédéral soutient le travail de plus de 700 fondations.

En 1972 est mis en place le plan des Alpes qui subdivise les espaces protégés en plusieurs zones et permet la création (ou l’élargissement) de dix-neuf vastes réserves naturelles et le seul parc naturel des Alpes bavaroises, celui de Berchtesgaden (1978).

La protection et la gestion du patrimoine naturel relèvent des 16 Länder.


En Autriche

Constitutionnellement, ce sont les Länder qui sont compétents pour légiférer en matière de protection de la nature. Il existe donc neuf lois sur la protection de la nature en Autriche. Le Ministère fédéral de l’Agriculture, de la Forêt, de l’Environnement et de l’Eau est responsable de la protection du patrimoine naturel. Ce service octroie les aides pour la planification, la mise en place et la gestion des parcs nationaux ainsi que pour les projets de recherche.

La gestion des parcs nationaux se caractérise par des mesures strictes dans leur partie centrale combinées à des mesures de maintien de l’espace culturel en périphérie. Toutefois, ceci n’est pas un précepte absolu, chaque Land appliquant des règles adaptées à ses propres objectifs. Dans le Tyrol par exemple cohabitent des zones de tranquillité (Ruhegebiete) avec des stations de ski. Le nombre des réserves naturelles gérées par les instances fédérales varie beaucoup d’un Land à l’autre, elles sont réparties majoritairement au centre et à l’est du pays.

En France

La politique de protection et de gestion du patrimoine naturel est portée par l'État. Le ministère de l'Écologie et du Développement durable (MEDD) dispose d'une gouvernance centrale, la direction de la nature et des paysages, qui outre un directeur de projet Natura 2000, comprend trois sous-directions compétentes pour les espaces naturels, la chasse la faune et la flore sauvage, les sites et paysages.

Les parcs nationaux gérés par l’état couvrent de grandes surfaces peu habitées et en altitude. Ils visent à protéger un milieu naturel riche tout en veillant à la valorisation d’un tourisme de qualité. La tendance actuelle a évolué vers une ouverture vers des zones plus périphériques ayant pour objectif un développement durable.

Les réserves naturelles administrées par des associations, établissements publics, des collectivités territoriales, elles dépendent de l’État ou des régions. « Elles poursuivent trois missions indissociables : protéger les milieux naturels, ainsi que les espèces animales et végétales et le patrimoine géologique, gérer les sites et sensibiliser les publics. »

Les parcs naturels régionaux relèvent depuis le début des années 1970 d’une politique de croissance locale. Ils se situent, à l’exception du Queyras, dans les Préalpes à proximité de grandes agglomérations et constituent des aires récréatives très prisées.

En Italie

La politique de protection et gestion du patrimoine naturel est portée par l’État au travers des parcs nationaux (ministère de l’Environnement, direction pour les parcs). Avec le décret présidentiel 616/77 et le transfert des compétences en matière de zones protégées de l’État aux Régions, des parcs naturels régionaux ont été créés.

Les quatre grands parcs nationaux sont cogérés par le gouvernement central et par les provinces sur lesquelles ils sont situés. Les statuts et objectifs des parcs régionaux varient fortement en fonction des régions. Les refuges de faune du WWF adoptent une philosophie identique à celle des réserves naturelles françaises.

En Slovénie

Il existe un seul parc national qui porte le nom du plus haut sommet des Alpes slovènes, il s’agit du parc national du Triglav. Des parcs régionaux sont actuellement en projet. Leur organisation s’inspire du modèle français. Le parc naturel de Logarska Dolina résulte d’une initiative privée. Des réserves naturelles viennent compléter l’ensemble des structures existantes.

En Suisse

La politique de protection et de gestion du patrimoine naturel est portée par l’État (la Confédération Helvétique) mais aussi par les 26 cantons. La Constitution fédérale garantit la protection de l’homme et de son environnement naturel contre les atteintes nuisibles ou incommodantes.

Le Conseil fédéral (gouvernement) définit les limites des espaces et espèces à protéger, les buts de protection et les délais de leur mise en application.


Le département fédéral de l’environnement. des transports, de l’énergie et de la communication dispose d’une division OFEFP (office fédéral de l’environnement, des forêts et du paysage) compétente dans les secteurs nature et paysage, protection des eaux et pêche, forêts, ainsi qu’affaires internationales. Le rôle de la Confédération est de fixer les éléments d’une beauté du paysage (« paysage suisse ») au niveau national et de répertorier les sites qui y correspondent. Elle exerce la haute surveillance et le contrôle suprême.

Les cantons sont chargés d’exécuter les dispositions fédérales les obligeant à maintenir intacts les sites d’importance nationale.
Ils légifèrent eux-mêmes pour préciser ou rendre plus contraignante une disposition fédérale mais ils règlementent également les sites d’importances régionales ou locales.

Pro Natura, association privée d’utilité publique créée en 1909, gère plus de 600 sites en général de superficie réduite. Ces réserves de petite dimension constituent un réseau plus ou moins continu selon les cantons. Pro Natura est également à l’origine du parc national unique très rigoureux en matière de protection. Il est question de créer d’autres parcs nationaux et régionaux. Ces derniers œuvreraient pour un développement local.

Une autre structure importante en Suisse est le FSP fondé par la Confédération à l‘occasion de son 700eanniversaire, le 3 mai 1991. Ce Fonds, considéré comme un cadeau au peuple helvétique, à l‘origine doté de 50 millions de francs, n‘était prévu au début que pour 10 ans. Le 18 juin 2010, le Parlement a approuvé définitivement une deuxième prolongation du FSP jusqu'en 2021. Il a également clairement dit oui au versement par la Confédération de 50 millions de francs au FSP.

L‘essentiel de sa mission :

• Protéger, entretenir ou rétablir des paysages ruraux traditionnels

• Garantir et promouvoir des formes de culture et d‘exploitation traditionnelles et respectueuses du lieu

• Protéger, entretenir, restaurer ou rétablir des bâtiments historiques et autres éléments de paysages naturels et ruraux traditionnels

• Informer sur la nécessité de sauvegarder et d‘entretenir ces paysages.

Le 23 septembre 1999, le Parlement se prononçait pour une prolongation du Fonds jusqu‘en 2011 au moins, et le dotait d‘une nouvelle tranche de 50 millions de Francs. Le 18 juin 2010, le Parlement a approuvé définitivement une deuxième prolongation du FSP jusqu'en 2021. Il a également clairement dit oui au versement par la Confédération de 50 millions de francs au FSP.

Au Liechtenstein

Cette principauté dispose essentiellement de réserves naturelles dont la superficie se calque sur la petite dimension du pays très actif en matière de protection de l’environnement.

Dans la Principauté de Monaco

Signataire de la convention alpine, elle ne détient aucun espace protégé sur la terre ferme.


Dans le domaine international

La CIPRA

Créée en 1952, au-delà des frontières linguistiques, culturelles, géographiques et politiques, elle se donne pour mission de rapprocher les personnes et les organisations qui agissent en faveur du développement soutenable dans les Alpes. L’idée de sa fondation est née au sein de l’Union mondiale pour la nature (UICN), suite à plusieurs projets prévus dans le parc national du Grand Paradis en Italie.

Portrait d’une des plus anciennes organisations

« La Commission Internationale pour la Protection des Alpes CIPRA est une organisation faîtière indépendante à but non lucratif qui œuvre pour la protection et le développement soutenable des Alpes. Elle comporte un secrétariat international au Liechtenstein, sept représentations nationales dans les pays alpins et une représentation régionale au Tyrol du Sud. La CIPRA constitue un réseau actif qui s’appuie sur une centaine de membres, organisations, institutions et particuliers – répartis dans tout l’arc alpin. »

Quelle est sa mission ?

« Habiter, travailler, aimer, mourir, chanter, randonner, exulter : la vie dans les Alpes, avec ses multiples facettes, doit rester attrayante et bénéfique. Pour les générations présentes et futures. Nature intacte, identité culturelle, justice sociale et sécurité matérielle sont nos fondements de la vie. Convaincus qu’à long terme ne durera que ce qui est écologiquement et socialement soutenable, nous nous engageons pour la protection et le développement soutenable des Alpes. Nous visons des modes de vie et des systèmes économiques qui respectent la nature et les ressources naturelles afin que le jardin suspendu au cœur de l’Europe continue à fleurir et prospérer. »

Comment ?

La CIPRA communique en plusieurs langues pour informer et sensibiliser de manière efficace spécialistes, politiques, journalistes et toute personne intéressée par les Alpes. Elle fait connaitre des projets exemplaires, des acteurs et actrices novateurs et critique certaines dérives. Elle fait pression sur les milieux politiques et économiques, ainsi que sur les administrations. Elle participe également à des instances délibératives.

La CIPRA met en relation les hommes, les programmes et les organisations au-delà des frontières linguistiques, culturelles, géographiques et politiques.

Réseaux alpins

La CIPRA fonctionne en réseau avec différents partenaires comme Alparc (réseau alpin des espaces protégés), Alliance des Alpes, Convention Alpine, Via Alpina, Iscar, Ville des Alpes de l'année, Club Arc Alpin, WWF-Programme Alpin (EALP).

« La CIPRA agit. Avec nos projets, nous encourageons d’autres acteurs et actrices à mettre en œuvre leurs propres réalisations sur le terrain. »

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La CIPRA initialement composée d’un groupe d’experts, après une période de crise dans les années 1970, gagne dans les années 1980 une certaine légitimité. Elle soutient ardemment le projet de Convention alpine qui naitra en novembre 1991.

Réseau écologique pan-alpin ECONNECT
Les Alpes sont au cœur d’une “trame verte” qui s’étend d’Ouest en Est, des monts Cantabriques en Espagne jusqu’aux Carpates. Des premiers contacts ont été établis avec les régions de montagnes voisines, et quelques projets ont été lancés afin d’améliorer les connexions écologiques entre les Alpes et les régions limitrophes".


La Convention Alpine

Une charte européenne

La Convention alpine est un traité international entre les huit États alpins (Allemagne, Autriche, France, Italie, Liechtenstein, Monaco, Slovénie et Suisse) ainsi que l'Union européenne, dont l'objectif est la promotion du développement durable dans la région alpine et la protection des intérêts de ses habitants. Ce traité recouvre les dimensions environnementales, sociales, économiques et culturelles de ces enjeux. La Convention alpine a été signée le 7 novembre 1991 à Salzbourg en Autriche par l'Autriche, la France, l'Allemagne, l'Italie, le Liechtenstein, la Suisse et l'UE. La Slovénie a signé la Convention le 29 mars 1993. Un protocole additionnel a permis l'adhésion de la Principauté de Monaco. La Convention est entrée en vigueur le 6 mars 1995.

Les protocoles et les déclarations

Les protocoles de la Convention alpine contiennent des mesures spécifiques pour la mise en œuvre des principes énoncés dans la Convention-cadre. Les protocoles définissent les mesures concrètes qu’il faut adopter pour la protection et le développement durable des Alpes.
Les protocoles existants couvrent les thèmes suivants :

• L’aménagement du territoire et le développement durable

• La protection de la nature et l’entretien des paysages

• L’agriculture de montagne

• Les forêts de montagne

• Le tourisme

• L’énergie

• La protection des sols

• Les transports

• De plus, deux nouveaux protocoles ont été adoptés, respectivement sur le Règlement des différends et sur l’adhésion de la Principauté de Monaco à la Convention alpine

En plus des protocoles, deux déclarations des ministres sur des thèmes spécifiques ont été également adoptées en novembre 2006 :

• Déclaration population et culture

• Déclaration sur le changement climatique

L’organisation

La Conférence alpine, composée des ministres des Parties contractantes, constitue l'organe décisionnel de la Convention alpine. Les réunions de la Conférence alpine se déroulent normalement tous les deux ans sur convocation de l'État membre qui préside la Convention (chaque mandat a une durée de deux ans). Cette année, 2015-2016, la présidence de la Convention est assurée par l’Allemagne.

Le Comité permanent est l'organe exécutif de la Conférence alpine. Il garantit la mise en pratique des idées, des principes et des objectifs de la Convention alpine. Le Comité permanent se réunit généralement deux fois par an.

Le Secrétariat permanent, créé en 2003, a son siège principal à Innsbruck et dispose d'un bureau à Bolzano/Bozen. Il est chargé de soutenir les organes décisionnels de la Convention, de favoriser l'échange d'expériences et de connaissances sur les Alpes et il est responsable des relations publiques au nom de la Convention alpine.

Les Groupes de travail et Plates-formes sont créés en fonction des exigences de la Convention. Ils ont pour mission l'élaboration de nouveaux protocoles et recommandations, la mise en œuvre des mesures envisagées, l'étude des développements en cours et doivent présenter leurs progrès à la Conférence alpine et au Comité permanent. A chaque Groupe de travail est attribué un mandat de deux ans, période durant laquelle sont constitués, le plus souvent pour traiter de sujets plus précis, des sous-groupes.


Le réseau européen NATURA 2000

Enrayer la perte de la biodiversité

« En 1992, au "sommet de la Terre" de Rio de Janeiro, en réponse aux inquiétudes croissantes concernant la diminution de notre patrimoine naturel, l’Union européenne s’est engagée à enrayer la perte de la biodiversité sur ses territoires en créant un réseau de sites écologiques nommé Natura 2000. Avec près de 27 308 sites terrestres et marins, il s’agit du plus vaste maillage de sites protégés au monde. »

Ce réseau mis en place en application de la Directive "Oiseaux" de 1979 et de la Directive "Habitats" de 1992 vise :

- à assurer la survie à long terme des espèces et des habitats particulièrement menacés, à forts enjeux de conservation en Europe.

- à valoriser le patrimoine naturel de nos territoires.

Il est constitué d’un ensemble de sites naturels, terrestres et marins, identifiés pour la rareté ou la fragilité des espèces de la flore et de la faune sauvage et des milieux naturels qu’ils abritent.

Le réseau européen Natura 2000 comprend deux types de sites :

• Des Zones de Protection Spéciales (ZPS), visant la conservation des espèces d’oiseaux sauvages figurant à l’annexe I de la Directive "Oiseaux" ou qui servent d’aires de reproduction, de mue, d’hivernage ou de zones de relais à des oiseaux migrateurs.

• Des Zones Spéciales de Conservation (ZSC) visant la conservation des types d’habitats et des espèces animales et végétales figurant aux annexes I et II de la Directive "Habitats".

Identification des sites

Chaque État membre est tenu d’identifier des sites importants pour la conservation de certaines espèces rares et en danger ainsi que des types d’habitats communautaires, présents sur son territoire, en vue de leur intégration dans le réseau Natura 2000.

Les Alpes appartiennent à la région biogéographique (parmi les neuf autres réparties sur la surface européenne) appelée région alpine. Cette dernière regroupe les sept massifs montagneux de l’Union européenne : Alpes, Apennins, Pyrénées, Scandes (Alpes scandinaves), Carpates, Balkans et Rhodopes (Rhodope, Rila et Pirin).


Les régions biogéographiques européennes (Proj : LCC etrs 89)

Les procédures de désignation

Voici une procédure française type de proposition de site Natura 2000.

1/ Le site proposé fait l’objet d’une concertation locale sous l’égide du préfet.

2/ La proposition de site est transmise au MEDDTL (Ministère de l’Environnement, du Développement durable, des Transports et du Logement).

3/ La proposition est soumise à une concertation interministérielle

La proposition de site est envoyée à la commission européenne (PSIC : Proposition de Site d’Intérêt Communautaire)

La commission évalue la cohérence du projet à l’occasion de séminaires biogéographiques (15 mois de délai minimum)

L’acceptation du site comme site t’importance communautaire (SIC) entraine la publication au Journal Officiel de l’Union Européenne (JOUE)

Un arrêté ministériel Déclarant le site Zone Spéciale de Conservation (ZSC) ou Zone de Protection Spéciale (ZPS).


Le Programme Alpin WWF

Au niveau global et local, le WWF agit pour sauvegarder ce joyau de la biodiversité et assurer l’existence d’un réseau écologique intact. WWF intervient en fonction d’une découpe territoriale en écorégions.

WWF définit une écorégion comme une grande unité étendue de terre ou d'eau qui contient un assemblage d'espèces, de communautés naturelles et de conditions environnementales qui se distingue au plan géographique

Les frontières d'une écorégion ne sont pas fixes et fortes, mais englobent une zone dans laquelle les processus écologiques et évolutionnaires importants interagissent très fortement.

Les Alpes appartiennent à l’écorégion des « forêts mixtes de montagne euro-méditerranéennes » avec les Pyrénées, Balkans, massif des Rhodopes et Carpates.

La clé de la protection des Alpes réside dans la coopération entre les huit pays de la chaine.

Quatre organisations alpines issues des bureaux nationaux du WWF (WWF Autriche, WWF France, WWF Italie, et WWF Suisse) travaillent donc de concert sous l'égide du Programme Alpin (EALP), pour mettre en place une stratégie de protection complète et transfrontalière des Alpes.

Le Programme Alpin et ses partenaires oeuvrent dans une certaine vision de la biodiversité dans les Alpes. Ayant identifié les domaines les plus importants pour la protection de la diversité biologique, le WWF travaille avec ses partenaires sur des actions innovantes en faveur de la protection et de l’exploitation durable de la biodiversité, conformément aux trois grands principes du Programme Alpin :

- considérer la biodiversité d’un point de vue panalpin.

- identifier les lieux-clés là où les mesures de protection seront les plus efficaces sur le critère de leur biodiversité.

- améliorer les connexions entre les différentes zones naturelles pour rendre aux animaux des Alpes leur liberté de mouvement.

Quelles sont les menaces ?

Le tourisme de masse, l’agriculture non durable, la pollution, les réseaux routiers, les barrages constituent un nombre important de facteurs menaçant les Alpes. Parmi les dangers majeurs :

- l’urbanisation

Les grands cours d’eau alpins comme le Rhin, le Rhône, l’Inn ou l’Adige, mais aussi d’autres rivières importantes du fait de leur facilité d’accès, ont perdu une grande partie de leur biodiversité.

- La circulation

Les infrastructures de transport, réseau routier ou ferroviaire, envahissent l’espace, génèrent toutes sortes de pollutions. Elles représentent également une des causes principales de la fragmentation des milieux naturels, et constituent un obstacle physique majeur pour les espèces de la région.

- Le tourisme

Le tourisme de masse dans les Alpes entraine une urbanisation excessive. Des stations balnéaires occupent les régions reculées des Alpes, qui autrement seraient à l’abri de l’étalement urbain.

- L’agriculture

L’industrialisation de l’agriculture implique une intensification de l’exploitation dans certaines zones favorables tandis que d’autres sont laissées à l’abandon : cette tendance a conduit au déclin de la biodiversité : les pâturages de montagne aux espèces très nombreuses sont souvent transformés en « déserts verts » qu’on suralimente en engrais, ou envahis par la forêt.

- La modification des rivières

Les pollutions importantes, la correction des cours d’eau et les barrages hydroélectriques détruisent les milieux aquatiques alpins et les organismes d’eau douce, anéantissent les zones de frai et coupent les trajets migratoires. Les berges, qui régulent les inondations sont transformées en champs ou en zones urbaines.

- Le changement climatique

Avec le réchauffement climatique, on prévoit des modifications du cycle habituel des précipitations (pluie et neige) ainsi qu’une forte augmentation de la fréquence et de l’intensité des catastrophes naturelles, telles que les inondations et les avalanches.

Au cours du XXe siècle, le changement climatique a provoqué le recul de tous les glaciers des Alpes et généré la migration des plantes en altitude.

Les leviers d’action

- Les joyaux des Alpes (Alpine gemstones)

« Le Programme alpin du WWF et ses partenaires ont identifié les zones clés dans lesquelles des mesures ciblées de protection doivent être immédiatement appliquées : les joyaux des Alpes. »

- Les couloirs protégés

Le WWF travaille sur les moyens d'interconnecter les principales zones de protection, que ce soit dans les Alpes elles-mêmes (couloirs intérieurs) ou avec les chaînes de montagnes voisines (couloirs extérieurs) afin de les rendre accessibles aux animaux et aux plantes qui n’en sont pas originaires.

- Les grands carnivores

Le WWF contribue à faciliter le retour des grands carnivores, les loups, les lynx et les ours, entravé par le rejet des populations locales, dans les territoires alpins où ils étaient précédemment implantés.

- L’eau douce

« Les rivières et les lacs alpins ont subi d'importantes modifications et pollutions. Les autorités chargées de la gestion de l’eau et les organisations de protection de la nature doivent donc trouver un terrain d’entente pour que les ressources en eau des Alpes soient gérées de manière durable. »


Le programme MAB de l’UNESCO

« le programme sur l'Homme et la Biosphère de l'UNESCO a clairement défini sa mission : combiner, sur des territoires exemplaires (les Réserves de biosphère), le développement économique et social, la conservation de la biodiversité, l'éducation à l'environnement et la promotion de la recherche scientifique, tout en encourageant la participation des habitants. Un des enjeux majeurs des gestionnaires de ces territoires est donc de concilier activités économiques et maintien voire amélioration de l'état de l'environnement. »

Le MAB favorise notamment les approches novatrices pour un développement économique respectueux des valeurs sociales, culturelles et écologiques.

Le principal Organe directeur du MAB, le Conseil international de coordination du programme du MAB, généralement appelé, le Conseil du MAB ou le CIC est composé de 34 États membres élus par la Conférence générale biennale de l'UNESCO.

Les biosphères des Alpes entrent dans le programme EuroMAB.


L’ISCAR

« La recherche sur les Alpes bénéficie de plusieurs réseaux de coordination internationaux dont un seul, le comité international recherche alpine (ISCAR), se consacre exclusivement à l’arc alpin. La création de l’ISCAR est une retombée de la mobilisation des divers partenaires alpins autour de la mise en place de la Convention alpine. Aujourd’hui, la recherche alpine vise à promouvoir une vision intégrée des territoires centrée sur la création et le maintien d’un réseau spatial et temporel de relations durables entre les hommes et les autres composantes de l’écosphère. Elle associe étroitement la mise en valeur des ressources et la conservation des diversités biologiques et culturelles qui constituent l’identité alpine. »

Initié par l’Académie Suisse des sciences naturelles en 1994 le Comité Scientifique International de la Recherche Alpine rassemble six pays de l’Arc Alpin (Allemagne, Autriche, France, Italie, Slovénie, Suisse).

Ses objectifs

Le comité vise à promouvoir la coopération transalpine et interdisciplinaire en matière de recherche sur les Alpes et le transfert des résultats de ces travaux dans la pratique et le public. Il traite principalement des sujets de recherche en rapport avec la convention alpine et les organes de la Convention alpine.

Le comité se donne aussi comme mission de faire le point sur les avancées de la recherche alpine, et de fédérer les compétences pour produire une expertise internationale dans le domaine du développement durable et la gestion du changement global dans les Alpes.


Conclusion :

Les Alpes et l'homme: une cohabitation parfois difficile

Les Alpes comptent parmi les montagnes les plus peuplées au monde, environ 14 millions de personnes occupent l’espace alpin (périmètre de la convention alpine).

L’impact de l’homme s’impose donc comme une réalité incontestable, plus particulièrement depuis la deuxième moitié du XXe siècle. Avec l’urbanisation et le tourisme de masse, la protection de la nature obéit à une nécessité impérieuse. La dégradation intense de l’environnement par la société industrielle et le réchauffement climatique révèlent l’urgence de la situation.

Ce constat explique l’abondance d’instruments de protection qui couvrent l’ensemble de la chaine. Ces dispositifs, dans certains cas très restrictifs et lourds d’un point de vue administratif ont suscité et occasionnent encore des tensions parfois importantes avec les populations locales. En effet, certaines mesures peuvent être perçues comme allant à l’encontre du développement économique des régions visées. Le parc de la Vanoise en France fut en 2012, le théâtre d’un conflit qui opposa les élus et le parc. Ce dernier souhaitait mettre en place une nouvelle charte (rendue obligatoire par la réforme des parcs nationaux de 2006) qui limiterait l’extension des domaines skiables. Les maires des 29 communes concernées, parmi lesquelles Tignes, La Plagne ou Courchevel, figurant parmi les plus grandes mégapoles du ski au monde, semblaient voir dans la charte plus de contraintes à leur développement économique que d’avantages. La charte fut finalement adoptée après une réécriture totale du document d’abord, puis suivit l’élaboration d’une stratégie touristique établie par la direction du parc et les maires des communes, adossée à la charte. Toutefois, elle ne fut pas signée par l’ensemble des élus. Ces derniers furent consultés individuellement par la suite.

Un modèle économique dépassé?

Il faut admettre que les sports d'hiver restent une des activités les plus lucratives de l'économie alpine. Mais cette exploitation du milieu entraine des conséquences qui ne sont pas toujours positives :

-Elle oppose une haute montagne désormais favorisée à une moyenne montagne privée des revenus de l'or blanc et donc, des inégalités en termes de richesse.

-Elle génère des problèmes de pollution et d'épuisement des ressources qui peuvent s'avérer irréversibles pour l'environnement.

«Le système touristique hérité de la seconde moitié du XXe siècle est un modèle épuisé qu'il est urgent de renouveler tant les solutions du passé (automobile, immobilier, enneigement artificiel) sont aujourd'hui devenues des problèmes», analyse Philippe Bourdeau, professeur à l'Institut de géographie alpine à Grenoble.

Une mobilisation administrative et citoyenne

La préservation des espaces et des espèces s'impose donc de manière incontournable. En théorie, la pléthore d'institutions au service de la nature offre des solutions multiples et ciblées. En pratique, le caractère peu contraignant de certaines dispositions, le manque de volonté d'appliquer certains textes, les problèmes de surveillance, l'insuffisance de moyens financiers, les difficultés à maitriser le trafic routier et l'urbanisation dans les zones de moindre protection, cet ensemble de paramètres réduit considérablement l'efficacité des mesures.

Par ailleurs, l'insuffisance de coordination entre les divers organismes protecteurs nuit à leur efficacité. La Convention alpine s'est assigné pour mission une réflexion sur la coopération entre espaces protégés. Un des protocoles d'application envisage la création d'un réseau d'aires protégées. Celles-ci seraient reliées par des corridors écologiques permettant la migration des espèces dans le respect de la population, de ses activités économiques et de son champ culturel.

Les aires protégées, en particulier les parcs nationaux, autrefois limitées à des territoires d'altitude et peu habités, s'étendent désormais vers des zones périphériques, ou zones d'adhésion, dans la perspective d'harmoniser espace naturel, habitat, vie animale et végétale, espace culturel modelé par des générations d'alpins. De manière générale, les politiques de protection s'orientent vers une logique d'homogénéisation écologique et sociale. Cette tendance vise à maintenir en équilibre deux composantes de l'arc alpin: espace naturel et espace culturel.

Par ailleurs, des initiatives favorisant le maintien de la population en montagne dans le respect d'un équilibre entre nature et activité économique émanent de plus en plus fréquemment de la société civile. Le télétravail, les activités artisanales et agricoles, le commerce, l'industrie manufacturière, le tourisme durable ouvrent des perspectives de croissance douce moins énergivore et davantage en harmonie avec le milieu naturel tout en assurant un avenir viable aux habitants.

Le sociologue italien Aldo Bonomi imagine une reconversion du tourisme industriel en activités économiques diversifiées et respectueuses de l'environnement :

« Si l'on disposait d'un certain capital de ressources “soustraites” à l'industrie du ski à utiliser pour encourager d'autres formes de développement touristique de la montagne, j'opterais pour des investissements à moyen long terme visant à stimuler l'entrepreneuriat de la jeunesse vers des secteurs complémentaires au tourisme : agriculture, élevage, sylviculture, artisanat, commerce et industrie manufacturière. En d'autres mots, car j'imagine que la désindustrialisation du tourisme provoquerait la perte sèche de nombreux postes de travail, un peu comme si dans une ville une grande usine fermait, il faudrait encourager la diversification de la production à partir des ressources locales :  eau, bois, etc. Ceci signifie valoriser savoirs sociaux qui tiennent compte des vocations “préindustrielles”, d'un côté, et de l'horizon vert (compatibilité environnementale) numérisation, innovation technologique, de l'autre. »

Les Alpes,  un modèle universel ?

L'univers alpin à l'instar du monde contemporain vit un profond bouleversement social, économique et écologique. La notion de protection de la nature trouve une résonnance particulière au sein de l'espace d'exception que représentent les Alpes.

Toutefois, le sort de la chaine demeure étroitement lié à l'ensemble de l'Europe et l'on ne peut envisager un développement durable que si l'Union européenne et les organismes mondiaux s'alignent sur une politique identique. Les problèmes majeurs rencontrés dans l'arc alpin présentent bien des similitudes avec ceux que le continent européen doit affronter.

L'intensification du trafic routier, l'industrialisation de l'agriculture et du tourisme figurent parmi les difficultés auxquelles doit faire face le monde d'aujourd'hui.

Les Alpes en raison de leurs spécificités multiples entrent depuis 2012 dans une stratégie de l'Union européenne (UE) pour la région alpine (SUERA)1, connue sous le nom de "stratégie macrorégionale alpine"2. Cette procédure se concentre sur trois axes prédéfinis lors d'une série de réunions internationales :

– favoriser la croissance durable et promouvoir l'innovation dans les Alpes ;
– garantir accessibilité et connectivité pour tous les habitants de la région alpine ;
– préserver le patrimoine alpin et promouvoir l'utilisation durable des ressources naturelles et culturelles. 

On constate donc que ce dispositif adopte des orientations similaires à l'ensemble des outils de protection de la chaine que nous avons évoqués précédemment.

En ce sens, il est permis de penser que les Alpes, reconnues à travers le monde pour la variété de leurs paysages, la richesse de leur biodiversité, et leur héritage culturel pourraient représenter un modèle de protection susceptible de s'adapter à d'autres régions de la planète répondant à des critères comparables.

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1 : La région alpine réunit les sept pays du massif alpin : France, Italie, Suisse, Slovénie, Liechtenstein, Allemagne et Autriche.
2 : Qu'est-ce qu'une macrorégion ?

« Une macrorégion est un espace transnational rassemblant plusieurs pays ou régions d'Europe réunis autour de défis partagés, et soutenu par l'Union européenne dans le cadre d'une "stratégie macrorégionale" définie en commun » selon la définition  de l’U.E. Ce nouveau type d'intervention de l’Union européenne s’est développé à partir du lancement en 2009 de la première macrorégion : la macrorégion de la Mer Baltique. Suivront  la création de la macrorégion Danube, puis de la macrorégion Adriatique et de la mer Ionienne.


Les espaces protégés en chiffres

Les espaces protégés recouvrent environ 25% de l'espace alpin.

13 Parcs nationaux

87 Parcs naturels/régionaux

288 Réserves naturelles

13 Réserves de Biosphère

4 Sites UNESCO (Patrimoine naturel mondial)

3 Réserves géologiques

Parcs et espaces protégés dans les Alpes

Aree Protette-Schutzgebiete-Zavarovana območja-Protected areas

  Parc national - Parco nazionale - Nationalpark - Narodni park - National park
  Parc naturel régional - Parco naturale regionale - Regionalpark (naturpark)- Regijski park - Regional park
  Réserve naturelle - Riserva naturale - Naturschutzgebiete - Naravni rezervat - Nature reserve
  Réserve de biosphère - Riserva di biosphera - Biosphärenreservate - Biosferni rezervat - Biosphere reserve (UNESCO)
  Zone de protection particulière - sonderschutzgebiete - Protezione particolare - Prosebna zašcita - Particular protection

Allemagne-Deutschland

1 parc national (Nationalpark)

 
Superficie en ha
Dates de création

Berchtesgaden

20 800
1978
41 000
2008

14 réserves naturelles

> 100 ha - 78 932

Biospharenreservat Berchtesgaden

46 742
1990

Autriche-Österreich

3 parcs nationaux (nationalparks) reconnus au niveau international

 
Superficie en ha
Dates de création

Hohe Tauern (Karntern)

Cœur
Zone périphérique
Protection particulière

44 000

29 100
11 300
3 600

1981

Hohe Tauern (Salzburg)

Cœur
Zone périphérique
Protection particulière

80 500

50 700
26 600
3 200

1983

Hohe Tauern (Ostirol)

Cœur
Zone périphérique

61 100

34 700
26 400

1986

Hohe Tauern - Total

185 600
 

Oberösterreichische Kalkalpen

20 856
21/07/1997

Gesaüse (Steiermark)

11 306
23/10/2002

Sparbach

412
1962

Hohe Wand

2 000
1969

Otscher-Tormäuer

9 300
1970

Fohrenberge  

6 500
1974

Siemingtal-Flatzer Wand

1 500
1976

Seebenstein

352
1978

Eichenhain

3 500
1979

Pollauer Tal

12 600
1983

Solktaler

27 700
1984

Buchenberg

240
1987

Karwendel

54 325
1988

Grebenzen

8 500
1993

Eisenwurzen

4 845
1996

Geschriebenstein

8 481
1996

Zillertaller Alpen

37 200
2001

Dobratsch

7 250
2002

Kaunergrat Pitztal Kaunertal

55 000
2003

Riedingtal in Zederhaus

2 672
2002

Steirische Eisenwurzen

58 500
1996

76 réserves naturelles

> 100 ha - 212 941

Biospharenreservat Gossenköllesee

100
1977

Biospharenreservat Gurgler Kamm

1 500
1977

Biosphärenpark Nockberge

Cœur
Zone périphérique

184 300

77 400
106 900

1987

Biospharenpark Grosses Walsertal

19 200
2000

Biosphärenpark Wienerwald

105 645
2005

(Biosphärenpark Salzburger Lungau & Kärntner Nockberge)

(149 599,84)

(2012)

Ruhegebiet Otztaler Alpen

30 947
1981

Ruhegebiet Kalkkogel

380
1983

Ruhegebiet Stubaier Alpen

35 220
1983

Ruhegebiet Achental-West

3 812
1989

Ruhegebiet Eppzirl

3 341
1989

Ruhegebiet Muttekopf

3800
1991

Zillertaler Hauptkamm

37 200
1991
Nockberge était classé comme parc national (Nationalpark) reconnu au niveau national (catégorie V selon l’UICN) aujourd'hui biosphärenpark Nockberge.
18 430
1986

France

3 parcs nationaux

 
Superficie en ha
Dates de création

Vanoise

52 839
1963

Écrins

91 800
1973

Mercantour

68 500
1979

Vercors

172 240
16/10/1970

Luberon

185 000
31/01/1977

Queyras

57 400
31/01/1977

Chartreuse

76 700
06/05/1995

Massif des Bauges

85 600
07/12/1995

Verdon

176 961
03/03/1997

Parc naturel régional des Préalpes d'Azur

88 940
28/03/2012

20 réserves naturelles

> 100 ha - 55 691
 

Réserve de biosphère du Mont Ventoux

81 000
1990

Réserve de biosphère du Luberon

189 600
1990

Réserve de biosphère du Mont Viso (partie française)

133 164
(427 080)
2013

Italie-Italia

4 parcs nationaux (parchi nazionali)

 
Superficie en ha
Dates de création

Gran Paradiso

70 318
1922

Stelvio (Stilfserjoch )

134 620
1935

Val Grande

14 398
1992

Dolomiti BeIIunesi

31 512
1993

Adamello Brenta

61 864
1967

Paneveggio-Pale di San Martino

19 711
1967

Sciliar (Schlern)

5 850
1974

Gruppo di Tessa (Texelgruppe)

33 430
1976

Colli di Bergamo

4 050
1977

Odle (Puez-Geisler)

10 196
1977

Alta Valle Pesio e Tanaro

6 638
1978

Alta Valsesia

6 510
1979

Alpi Marittime

27 981
1980

Gran Bosco di Salbertrand

3 775
1980

Laghi di Avigliana

409
1980

Lagoni di Mercurago

473
1980

Orsiera Rocciavré

10 953
1980

Val Troncea

3 265
1980

Fanes-Sennes-Braies

25 680
1980

Monte Corno (Trudner Horn)

6 660
1981

Dolomiti di Sesto (Sextner Dolomiten)

11 635
1982

Adamello

50 996
1983

Monte Barro

665
1983

Montevecchia e Valle del Curone

2 300
1983

Pineta di Appiano Gentile e Tradate

4 586
1983

Campo dei Fiori

5 400
1984

Monte Fenera

3 302
1987

Aurina (Rieserferner-Ahrn)

31 505
1988

Alto Garda Bresciano

38 269
1989

Mont Avic

3 521
1989

Orobie Bergamasche

63 000
1989

Orobie Valtellinesi

46 000
1989

Po Cuneese

7 780
1990

Dolomiti d'Ampezzo

11 192
1990

Lessinia

10 368
1990

Alpe Veglia e Alpe Devero

10 791
1995

Dolomiti Friulane

36 950
1996

Prealpi Giulie

9 402
1996

57 réserves naturelles

> 100 ha - 46 811
 

Réserve de biosphère du Mont Viso (partie italienne)

293 916
(427 080)
2013

Slovénie-Slovenija

1 parc national (narodni park)

 
Superficie en ha
Dates de création

Triglav  

84 805
1924

Logarska Dolina  1987

2 700
1987

8 réserves naturelles

> 100 ha - 4 218

Suisse-Schweiz-Svizzera-Svizra

1 parc national

 
Superficie en ha
Dates de création

Parc Naziunal Svizzer

17 240
1/08/1914

84 réserves naturelles > 100 ha 84 710

 

Biospharenreservat Entlebuch 39 500 2001

39 500
2001

Liens externes :

CIPRA
Réseau Alpin des Espaces Protégés - Alparc
Alliance des Alpes
Convention Alpine
Via Alpina
ISCAR (International Scientific Committee on Research in the Alps)

Ville des Alpes de l'année

Club Arc Alpin
WWF-Programme Alpin
(EALP)
NATURA 2000

Alpine gemstones
Programme MAB UNESCO
Réseau écologique pan-alpin

UNEP - United Nations Environment Programme
WCMC -World Conservation Monitoring Programme

Références :

Espaces protégés-Références bibliographiques