LES ALPES
Transport et trafic transalpin

Le trafic routier et ferroviaire transalpin

Alpes Réseau routier et ferroviaire - Passages transalpins

Ventimiglia
A8 (barrière de Vintimille)
Tunnel du col de Tende
Traforo del colle di Tenda
Col du Mongenèvre
1 854 m
Tunnel du Fréjus
Col du Mont-Cenis 2 083 m
Tunnel du Mont-Blanc
Col du Grand Saint-Bernard
2 469 m
Tunnel du Grand Saint-Bernard
Col du Simplon
2 005 m
Tunnel du Simplon
Col du Saint-Gothard
2 106 m
Tunnel du Saint-Gothard
Col du San Bernardino
2 065 m
Tunnel du San Bernardino
Reschenpass
Passo di Resia 1 508 m
Brennerpass
Passo del Brennero
1 370 m
Tarvisio 785 m
Felbertauerntunnel
Tauerntunnel
Radstädter Tauern 1 739 m
Schoberpass 849 m
Semmering sattel 984 m
Wechsel 980 m

Les principales sources d'information sur les mesures du trafic, CAFT, Alpinfo, Alpifret se répartissent en 3 segments alpins :
segment alpin A (interieur) = Mont-Cenis/ Fréjus - Brenner
segment alpin B (hybride) = Ventimiglia - Tarvisio
segment alpin C (totalité) = Ventimiglia - Wechsel
À ces segments transalpins correspondent les passages suivants :
le long de la frontière franco-italienne : Ventimiglia, Mongenèvre, Tunnel du Fréjus - col du Mont-Cenis, Mont-Blanc
du côté suisse : Grand-Saint-Bernard, Simplon, Saint-Gothard, San Bernardino
dans le secteur autrichien : Reschen/Resia, Brenner, Tarvisio, Felbertauern, Tauern, Shoberpass, Semmering, Wechsel.

Selon les données d’Alpinfo le trafic tend à augmenter régulièrement. Sur le segment C l'année 2010 a vu 194 millions de tonnes de marchandises transportées à travers les Alpes dont 65,4% (126,8 millions de tonnes) sur route et 34,6% (67,2 millions de tonnes) sur rail. Le transit autoroutier du col du Brenner situé à une altitude de 1 375 m, représente un volume de transport de près de 41,9 millions de tonnes de marchandises, 73% sur route et 17% sur rail, soit 21.5% du trafic transalpin total avec 1,8 million de poids lourds* (en augmentation de 3,5%).
Pratiquement la moitié des flux transalpins sont assurés par l'Autriche (46%), 1/3 par les flux franco-italiens (30%) puis, 1/4 pour les italo-suisses (24%). 9,8 millions de poids lourds* ont traversé l'arc alpin en 2010. La moitié des camions qui parcourent les Alpes utilisent les cols austro-italiens soit 48% du trafic routier transalpin, 40% transitent par les cols franco-italiens contre seulement 14% par les passages italo-suisses.

*Camion, véhicule articulé et véhicule d'un poids total autorisé en charge supérieur à 3,5t

Un trafic soutenable ?

Le trafic routier du fait de l’ampleur des échanges européens a augmenté de manière exponentielle. Les politiques ont en outre donné priorité à la route et à l’autoroute au détriment du rail. Une exception confirme cette règle commune aux pays alpins ; la Suisse est depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale parvenue à freiner cette tendance.
Une des conséquences de ce trafic qui se focalise sur certains itinéraires, la circulation locale et touristique intensifiant le phénomène, se manifeste par une pollution atmosphérique et des nuisances sonores telles que certaines vallées se révèlent à la limite de l’habitabilité. C’est le cas de la Maurienne où le trafic excessif rend la vie quotidienne quasi insoutenable, ou encore de l’axe du Brenner où, pour des raisons climatiques les gaz d’échappement se concentrent dans la vallée. Les incendies survenus en 1999 dans les tunnels du Mont Blanc et des Tauern, en 2001 dans le Gotthard semblent avoir infléchi les politiques de transport en faveur d’une régulation du trafic des poids lourds. Des systèmes d’alternat ont été mis en place dans certains tunnels et, en accord avec l’Union Européenne tend à se généraliser, mais sous la pression du lobby routier celui du Mont Blanc, par exemple, a été abandonné.
Les navettes quotidiennes domicile-travail, le flux touristique, soit 20% du trafic total dans les Alpes, sont à l’origine de la construction de nouvelles infrastructures routières ; double voies, tunnels, routes de contournement des villes. Le développement de ce réseau régional, l’accentuation de la circulation sur les grands axes, ces états de fait laissent entrevoir un accroissement du trafic routier dans le massif.

Quelles solutions pour atténuer les nuisances ?

Toutefois, pour certaines zones périphériques la voiture demeure indispensable. Sans l’automobile le maintien de nombreux emplois et donc de la population serait impossible. Mais la perspective d’un avenir soutenable ne peut se traduire par davantage de béton et d’asphalte.
La CIPRA (Commission Internationale pour la Protection des Alpes) préconise une analyse précise pour chaque région des besoins de nouvelles routes ou au contraire de leur absence de pertinence ; les hommes politiques, les habitants et les aménageurs, devraient s’entendre sur la nécessité de la construction de ces infrastructures, ou si les investissements dans des projets de transports durables ne seraient pas mieux adaptés. Certaines expériences en Basse Autriche, entre autres, où 26 communes se sont groupées autour de la devise « moins de trajets en voiture – plus de joie de vie » abondent dans ce sens. De manière générale, les régions des Alpes orientales et centrales se situent à l’avant garde en matière de transports.

Abolir les distances

Le Polo Poschiavo, centre de formation né en 2001 dans la vallée homonyme située au sud des Grisons, pionnier en matière de nouvelles technologies, pratique depuis longtemps l’enseignement à distance ; les participants suivent les cours en vidéostreaming et sont reliés entre eux via une plateforme d’enseignement virtuelle. Ainsi les habitants de la vallée épargnent-ils des trajets pénibles en hiver. La technique permet de rapprocher les habitants entre eux, plateformes d’échanges autour d’une même profession, promotion d’une activité commerciale, artisanale ou de service, au travers d’un site Internet, etc. Mais le Polo Poschiavo met également en réseau la vallée avec le monde.

Une vision pour le futur

Le XXe siècle a généré une multiplication d’atteintes à l’environnement et les traversées routières prennent une large part à ces agressions. Ce constat est à l’origine de la création de nombreuses associations de défense (Cipra, WWF, etc.). Elles ont obtenu des états une Convention alpine. Les plus puissantes de ces ONG pèsent sur les décisions politiques en matière d’aménagement des Alpes. Elles prônent entre autres une incitation au ferroutage et plus largement une limitation du trafic routier.

Transports-Références bibliographiques