LES ALPES
Végétation

 

La beauté des paysages alpins réside dans leur diversité. Cette variété concerne différentes caractéristiques physiques, et entre autres, la végétation.

La végétation alpine, la plus riche de toutes les montagnes européennes (trois septième de la flore européenne) compte environ 900 communautés végétales différentes et environ 13.000 espèces végétales et doit sa grande variété au contact de la chaine avec les avant-pays medioeuropéen, méditerranéen  et pannonien.

Les espèces se répartissent de la manière suivante :
5.000 espèces de champignons
environ 4.500 espèces de plantes vasculaires (représentent 39% de la flore européenne; environ 400 sont endémiques)
environ 2.500 espèces de lichens
environ 800 espèces de mousses
environ 300 espèces d'eupatoires

Toutes les grandes familles de conifères sont présentes à l’intérieur de la chaine ou sur ses bordures.

Le développement et la répartition des espèces végétales sont tributaires de facteurs variés parmi lesquels le climat, l’exposition (adret-ubac) et la nature du sol.

Les conditions climatiques

Elles restent déterminantes bien que pondérées par des nuances et  donnent lieu à 4 types de variations spatiales.

1. La variation hypsométrique : au contraire de la plaine pour laquelle les facteurs édaphiques (liés au caractère physique et chimique du sol) sont cruciaux, le gradient thermique joue en montagne un rôle de premier ordre.  

L’altitude exerce une influence fondamentale. Au fur et à mesure que l’on s’élève, la pression diminue, les précipitations sont abondantes, le froid et le rayonnement solaire s’intensifient, les amplitudes thermiques se creusent.
Ces modulations climatiques entrainent une distribution géographique du manteau végétal le long de différents étages, selon des limites altitudinales, définies comme, du secteur le moins élevé au plus élevé, collinéen, montagnard, subalpin, alpin et nival. Les délimitations de chaque niveau varient en fonction de l'exposition et de la latitude. Un étage se définit par ses conditions de milieu et par les espèces dont il dépend. Mais ces limites ne sont pas toujours bien marquées et donnent lieu à de larges zones de transition.

Étages de la végétation dans les Alpes

De 0 à 800 mètres parfois davantage
L’étage collinéen  possède des chênaies à chêne pubescent et à charme, des charmes, des chataigniers, des tilleuls, des aulnes, ainsi que la majorité des cultures (vigne, fruits, céréales, légumes).

Sur le versant sud de la chaine alpine, l'influence méditerranéenne se fait sentir et dans certains cas, s'enfonce profondément dans les vallées ce qui donne lieu à plusieurs variantes et de nombreuses zones intermédiaires.

  • De 0 à 400 mètres, température moyenne de 10° à 13°
    L’étage méditerranéen
    (thermo-méditerranéen et meso-méditerranéen) qui couvre la zone sud-occidentale (Provence-Alpes-Maritimes-Ligurie) de la chaîne ou zone euméditerranéenne (limite de l'olivier), regroupe les espèces suivantes : garrigue à romarin, genévrier, caroubier, pin d’Alep, chêne-liège, chênaies à chênes verts  et oliviers.

  • L'étage supraméditerranéen
    Il se divise en deux sous-régions :

    D'une part, l'étage supraméditerranéen de type oriental, couvrant la partie méridionale des Alpes italiennes qui borde la plaine padane, le Tessin (sud de la Suisse) et le bord occidental de la Slovénie (préalpes juliennes, Karst) se prolongeant dans les chaines dinariques.
    D'ouest en est on trouve le secteur, piémontais, insubrien (lacs préalpins), gardésan-dolomitique et illyrique, ces deux derniers secteurs ont beaucoup d'affinités avec le secteur préligure (Alpes maritimes et ligures) pourtant plus occidental et qui se prolonge dans l'Apennin.
    La végétation se compose d’ostryaies (ostrya carpinifolia-chênaies à charme-houblon), pin noir.


  • D'autre part, l'étage supraméditerranéen de type occidental (secteurs haut-provençal, savoyard, delphino-jurassien) entre 400 et 1 000 m ;
    Chênaies à buis, chêne vert, chêne pubescent (quercus pubescens), cédraies, lavande, genêt cendré, thym.
    Température moyenne de 10° à 13°

  • L’étage collinéen médioeuropéen se compose de forêts de feuillus (charmes, chênes pubescents, chênes sessiles ou rouvres, chêne pédonculé, châtaigniers, é́rable champêtre), d'arbustes et arbrisseaux (cornouiller sanguin, fustet, fragon-petit houx, chèvrefeuille des bois).

De 800 à 1 500 mètres
L’étage montagnard
  est divisé en 2 parties et se caractérise par des forêts de feuillus et de résineux

     


  • Montagnard externe (humide)
     Hêtraies-sapinières, érablaies, épicéa, érable sycomore, érable à feuilles d'obier, orme de montagne, if, tremble,sorbier, prairies.

  • Montagnard interne (sec)
    Pessières-sapinières (épicéas-sapins), pinèdes intra-alpines à pin sylvestre (adret) à bruyère des neiges (ubac).

 

De 1 500 à 2 100 mètres
L’étage subalpin se distingue par l’apparition de forêts de conifères : pins à crochets, épicéas,  mélèzes (mélézeins), aroles ou pins cembro (cembraies), pins mugo (couché) (famille des pinacées), d'arbustes et d'arbrisseaux comme l'aulne vert (aulnaies), des landes (pessières) à myrtilles, à raisin d'ours, à hautes herbes, à prénanthe, landes à rhododendrons (rhodoraies), landes à genévriers nains (famille des cupressacées), bruyères et pelouses diverses.

        

       

 

Au-dessus de la côte 2 100 - 3 000 mètres
À l’étage alpin, les massifs forestiers disparaissent, laissant la place à quelques arbres isolés, à des arbustes nains, landines et pelouses qui forment des groupements spécialisés d'espèces bien adaptées à un milieu très sévère que l'on rencontre sur éboulis, falaises, rocailles, combes à neige, reposoirs à animaux, crêtes ventées et bas marais.

         

   

Au-delà de 2 700 - 3 000 mètres
La végétation de l’étage nival se résume à des lichens et des  algues, rares stations d'espèces isolées.

     
   


 

         
Ranunculus glacialis

 

Ces étages fusionnent progressivement et les chutes de pierres, les couloirs d'éboulis et d'avalanches entrainent une certaine perméabilité entre eux.


Étages de végétation de la chaîne alpine

2. L’opposition externe-interne : elle représente le deuxième paramètre le plus important. Cette opposition concerne le contraste entre les marges alpines et préalpines humides et généralement constituées de roches calcaires, et les Alpes internes, continentales et sèches essentiellement sur roches silicatées.

3. L’opposition relative à la latitude (Nord-Sud) est la cause, au nord, de la fraicheur de la marge alpine septentrionale en contact avec la  végétation d'Europe centrale et au sud, de la chaleur de la bordure alpine méridionale marquée par une végétation méditerranéenne.

4. L’opposition ouest-est  est plus marginale. Du fait de son importante extension longitudinale, la chaine alpine appartient à l'ouest, au domaine océanique et s'insère à l'est, au domaine de la végétation pannonienne à forte connotation continentale.

L’exposition

La répartition de la végétation dépend largement de l'ensoleillement et de sa durée. L'adret (versant sud) ensoleillé, chaud et l'ubac (versant nord) ombragé, frais et humide.

Le sol

Les sols des grandes montagnes s'opposent à la plupart des sols de plaine.
À la fois, les basses températures ralentissent leur évolution, et l'érosion les renouvèle régulièrement. Les sols sont formés fréquemment de dépôts comme les éboulis, les moraines, les alluvions déjà modifiés par les torrents, les glaciers, les glissements de terrain, etc. Les facteurs physiques ont une grande importance comme le gel, l'échauffement des parois rocheuses ou encore la formation sur les pentes d'un ensemble de sols liés appelés caténas (chaines de sols).
Les sols humides silicatés, très acides, appelés « ranker » dominent dans l'axe cristallin de la chaine tandis que les sols calcaires, basiques, appelés « rendzines » sont le règne des Préalpes.

Sols à substrat calcaires : rendzines, sols lithocalciques, sols bruns calciques, sols bruns et lessivés

Sols à substrats siliceux : rankers, sols bruns acides, sols bruns ocreux, sols podzolisés

Sols hydromorphes : sols à gley, tourbes à sphaignes

Le sol et la végétation qui sont parvenu au stade final d'évolution, vierge de toute pression humaine (agricole, forestière, pastorale) et de catastrophes naturelles (avalanches, glissements de terrain, tornades) est appelé « climax ».


Système pan-alpin ou système alpin généralisé sur des bases biogéographiques.

Limites --- et subdivisions ••• du système alpin généralisé:
A. Sous-système peri-adriatique
I. Sous-système intra-alpin
J. Sous-système nord-préalpin et jurassien
H. Sous-système hercynien (arc hercynien)

Détails : Espaces Protégés - Subdivisions - ecorégions et régions biogéographiques


Couverture végétale (P. Ozenda)

Les plantes de montagnes ou orophytes sont caractéristiques de l'étage montagnard et au-delà alors que la flore qui se développe à basse altitude a de nombreuses similitudes avec celle des plaines, il existe plusieurs ensembles dont les :
espèces de plaine ;
espèces orophytes (ensemble des massifs montagneux);
espèces d'origine boréale (arctico-alpine);
espèces méditerranéennes ;
espèces atlantiques (marginales) ;
espèces orientales (Ostrya astragales) ;
espèces endémiques.

Végétation-Références bibliographiques